Les seconds seront les derniers, mais pas les deuxièmes

Bulle d’orthographe – … Et voilà que nous naviguons dans le deuxième mois de l’année. J’en profiterai pour relever cette nuance de sens : février est bien le deuxième, pas le second mois de l’année. Sinon, ce serait une année bien courte. Percevez-vous la différence entre ces deux adjectifs que l’on croit souvent synonymes ? Passons-les au microscope :

> Un deuxième s’inscrit dans une série qui peut comporter autant d’éléments qu’il y a de nombres dans le vocabulaire, c’est-à-dire une infinité. « Deuxième » implique qu’il y a au moins un troisième.

> Comme sur un navire, le second est un renfort du premier, un supplétif, un éventuel remplaçant en cas de défaillance du chef. « Second » est de la même famille que « seconder ». S’il y avait plusieurs éventuels remplaçants, ce serait la pagaille, une vraie guerre de succession comme on en connaît dans les royaumes où le dauphin n’a pas été désigné. Autrement dit, s’il y a un second, il n’y a pas de troisième.

Besoin d’un ou deux exemples ?

  • Ecoutez la subtile différence entre « Voulez-vous un deuxième chocolat ? » et « Voulez-vous un second chocolat ? »
  • Qui se souvient du deuxième des sept maris de Liz Taylor, l’acteur Michael Wilding ? Et saviez-vous, au passage, que celle-ci était la deuxième de ses quatre épouses ?
  • « Je vous présente ma deuxième épouse » sonne comme une muflerie.
  • Entendez-vous comme « Malgré cette erreur grossière, je vous offre une seconde chance » semble une attitude magnanime… mais lourde de menaces ?

Voilà qui, j’espère, vous aura éclairés. Mais il reste un grand mystère : pourquoi prononce-t-on « segond » et pas « sekond » ?

 

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