Et si on votait pour une langue plus précise ?

Il n’appartient pas à cette chronique de commenter le scrutin de ce premier tour. Mais même lorsque l’on se considère ouvert sur le monde et solidaire des autres peuples, il n’est pas interdit de rester rigoureux sur l’usage de la langue française – et des autres langues aussi – vive la biodiversité des langages !

Soulignons donc en ce lundi matin deux distorsions qui me chiffonnent lors de chaque élection.

« La carte d'électeur est un document qui atteste de l'inscription sur les listes électorales de la commune. » Voici ce qui figure sur le très officiel site servicepublic.fr. Alors pourquoi a-t-on donné un autre nom à ladite carte depuis 1994 ? D’après Wikipédia, ce changement est une réponse aux féministes qui réclamaient une « carte d’électrice » ; il a été jugé moins onéreux de déformer la langue que de fabriquer deux cartes différentes. N’aurait-il pas été plus correct et simple de faire une seule carte intitulée « carte d’électeur ou d’électrice » ou même, tiens, « carte d’électrice ou d’électeur » ?

La « carte électorale », c’est tout à fait autre chose : il s’agit du tracé de découpage des circonscriptions électorales sur un territoire.

Exemple : Après la refonte de la carte électorale, ma commune a été rattachée à la deuxième circonscription et j’ai reçu une nouvelle carte d’électeur. 

Par ailleurs, au vu de tout ce que j’ai lu ou entendu hier soir, il n’est pas superflu de rappeler que l’expression « élection présidentielle » doit s’employer au singulier, pour la raison que l’on n’élit qu’un seul président. Gardez le pluriel au chaud pour le mois de juin : nous aurons alors 577 élections simultanées, même si, individuellement, vous ne pourrez bien sûr participer qu’à une seule élection législative.

Que tout cela ne vous empêche pas de dormir. Ni de voter !

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