Angoisse de la page blanche : pourquoi je bloque ?

On peut avoir différentes raison de bloquer au moment de rédiger un texte. En voici quelques-unes et comment y remédier. Vous reconnaîtrez-vous ?

Le syndrome de la page blanche, à proprement parler, c’est une panne d’inspiration. Il touche ceux qui ont à inventer de toute pièce la matière de leurs écrits. À de rares exceptions près (par exemple si vous êtes écrivain), dans le cadre professionnel, vous ne serez jamais dans cette situation. Donc vous pouvez déjà vous rassurer sur ce point : VOUS NE SOUFFREZ PAS D’ANGOISSE DE LA PAGE BLANCHE.

Pourtant, vous êtes nombreux à être bloqués lorsque vous devez écrire, que ce soit pour un rapport, un blog, un site internet, un argumentaire, un discours… De quoi souffrez-vous ? Pour en avoir souvent discuté avec des personnes dans votre cas, j’ai repéré quatre symptômes classiques. Voici mes conseils pour dépasser votre phobie de la page blanche.

Syndrome n°1 : Je ne sais pas exactement ce que je dois écrire

« Machin, vous me ferez le compte rendu du séminaire. » « Bidulette, vous qui connaissez bien l’entreprise, vous allez tenir le blog. » « Untel, vous me mettrez tout ça par écrit. »

… Argh ! Mais qu’est-ce que je vais y mettre, moi, dans ce rapport ? Et sur le blog, il faut que je parle de nos produits, c’est ça ? Ou du marché en général ? Ou du temps qu’il fait ??? Je le mets à la première personne ? Je dois citer tous les participants à la réunion ?...

Respirez, tout va bien se passer. Commencez par oublier vos notes, fermez les yeux ou allez marcher un peu et posez-vous les bonnes questions : à qui et à quoi va servir ce que je dois écrire ? Si vous n’en avez pas la moindre idée, sentez-vous légitime à poser ces questions à celui qui vous a demandé de rédiger.

Quand vous aurez la réponse à ces deux questions, mettez-vous à la place de celui qui aura l’usage de votre texte et imaginez le plus précisément possible ce qu’il aura envie ou besoin d’y trouver : les grandes lignes ou le moindre détail ? Un récit complet ou les points-clés de ce qui a été décidé ? Un éloge de vos produits ou toutes les astuces pour les utiliser ? Un mode d’emploi ? Une histoire émouvante ? Une documentation exhaustive ? Un ton humoristique ? Des conseils pratiques ?

Maintenant, restez dans la peau du futur lecteur, retournez à votre table de travail et rédigez : ce sera beaucoup plus facile.

Syndrome n°2 : Je ne sais pas par où commencer

« Il y a tellement de choses à dire. Je ne m’en sortirai jamais ! ». Ça se bouscule dans votre tête, ça s’empile dans vos notes, vous avez quinze possibilités de plan et dix idées de début…

Mon astuce : trouvez le premier collègue pas trop occupé qui vous tombe sous la main (vers la machine à café ou à la porte où se pratique la pause cigarette) et expliquez-lui ce que vous avez à rédiger. En général, on sait d’instinct, à l’oral, comment commencer à raconter ou à expliquer. Il vous suffira de retourner à votre bureau et de reproduire l’angle d’attaque et l’ordre que vous avez adoptés avec votre collègue.

Petit truc supplémentaire : comme pour le syndrome n°1, demandez-vous ce que le lecteur a besoin de savoir d’emblée pour décider de continuer à vous lire. Il y a de fortes chances pour que la réponse soit : un aperçu général du contenu du texte ou l’information la plus importante que vous avez à apporter. Mais une anecdote étonnante ou significative peut aussi mettre en appétit. Voyez ce que vous avez dans votre besace.

Syndrome n°3 : J’ai peur de ne pas arriver à écrire un bon texte

J’ai une grande nouvelle pour vous : l’invention de l’ordinateur permet aujourd’hui de corriger, modifier, chambouler un texte autant de fois que vous voulez, sans le surcharger de ratures. N’est-ce pas fantastique ? De nos jours, il n’y a aucune raison de sacraliser le premier jet, vous êtes en mode brouillon. Écrivez ce qui vient sans vous préoccuper de savoir si c’est le mot juste, la phrase parfaite, le texte impeccable.

Évidemment il y a un corolaire : ne négligez pas la relecture, phase capitale méritant qu’on la traite avec le plus grand sérieux. J’ai écrit ici des petites choses utiles à ce sujet.

Syndrome n°4 : Je ne suis pas très sûr(e) de mon orthographe et de ma façon de m’exprimer

Bien sûr, remédier à ce problème va vous demander un peu de patience, mais vous pouvez tenter un premier jet et tenir compte de ces quelques conseils :

> Votre correcteur orthographique peut vous être utile. Un peu. Mes conseils à ce sujet sont ici.

> Investissez dans un dictionnaire et dans une bonne grammaire dont le ton et le niveau d’explication vous conviennent et faites-en vos livres de chevet. C’est beaucoup plus passionnant que vous ne pensez.

> (Re)lisez les chroniques de la catégorie Bulles d’orthographe sur ce blog. J’espère qu’elles vous plairont !

> Faites-vous relire : par un proche, un collègue qui s’ennuie ou un professionnel. Pour ma part, comme vous l’apprendrez ici, je peux me charger de rédiger, de reformuler ou simplement de corriger vos textes. Prenez contact !

Et si vous ne vous reconnaissez dans aucun de ces symptômes, votre témoignage m’intéresse. Laissez un commentaire ou écrivez-moi !

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