Méfiez-vous de l'anacoluthe !

La Bulle d'orthographe du lundi - N’étant pas un immense poète merveilleusement habile à manier la langue, un Racine ou un Baudelaire, l’anacoluthe vous est fortement déconseillée. Si vous n’avez pas tiqué en lisant la phrase précédente, il vous faudra lire attentivement cet article : vous en avez besoin.

En matière de syntaxe, l’anacoluthe est l'archétype du canard boiteux. Il s’agit d’une rupture dans la construction de la phrase, un truc pas logique qui se comprend mais qui, pris au pied de la lettre, n’a pas le sens que vous avez voulu lui donner. Par exemple la première phrase de cet article est censée raconter que vous n’êtes pas un immense poète ; en réalité elle affirme que l’anacoluthe n’est pas un immense poète. Retenez qu’un participe placé en début de phrase doit se rapporter au sujet et non à un complément de la proposition principale.

On dira donc : Une fois plumé, le canard sera mis à rôtir. Et non : Une fois plumé, mettez le canard à rôtir.

On dira aussi : Ayant poussé la porte, il reçut un seau d’eau sur la tête. Et non : Ayant poussé la porte, un seau d’eau lui tomba sur la tête.

Ou encore : Dans l’attente d’une réponse rapide, je vous prie d’agréer… Et non : Dans l’attente d’une réponse rapide, veuillez agréer…

Bien évidemment, si vous vous appelez Jean Racine, tout le monde trouvera sublime que vous fassiez dire à Hermione :

Je t’aimais inconstant, qu’aurais-je fait fidèle…

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