Accordons-nous sur les accords - Episode 9 : Un dénouement presque heureux

La Bulle d'orthographe du lundi - Et voici le bouquet final ! La semaine dernière, nous avions évoqué un premier cas complexe. Le second est celui du participe passé des verbes pronominaux.

Verbe pronominal : verbe précédé du pronom « se » (ou « s’ », mais aussi me, te, nous vous), pronom représentant le sujet qui est du coup, par pronom interposé, à la fois sujet et complément du verbe :

  • Elle se plaît dans cette jolie robe.
  • Elle se pomponne devant son miroir.
  • Il se promet de lui déclarer sa flamme.
  • Ils se marient.
  • Après quoi, les querelles se succèdent.

Le pronom « se » est une sorte de raccourci qu’on pourrait, dans une forme plus explicite, remplacer par « lui-même » ou « elle-même » :

  • Elle plaît à elle-même dans cette jolie robe.
  • Elle pomponne elle-même devant son miroir.
  • Il promet à lui-même de lui déclarer sa flamme.
  • Ils marient eux-mêmes.
  • Après quoi, les querelles succèdent à elles-mêmes.

Passons maintenant au passé composé des verbes pronominaux :

  • Elle s’est plu dans cette jolie robe.
  • Elle s’est pomponnée devant son miroir.
  • Il s’est promis de lui déclarer sa flamme.
  • Ils se sont mariés.
  • Après quoi, les querelles se sont succédé.

Première observation : les verbes pronominaux se conjuguent avec l’auxiliaire être. Réflexe épisode 3 : vous devez penser que le passé composé s’accorde donc avec le sujet. Et pourtant, dans les exemples ci-dessus, ce n’est pas toujours le cas. Pourquoi ?

L’auxiliaire être est ici un leurre. Dans le cas des verbes pronominaux, il s’agit d’un auxiliaire avoir qui s’avance masqué. Et pour le démasquer, il est nécessaire de retourner la phrase comme un gant, comme nous l’avons fait pour le présent. Cela donne :

  • Elle a plu à elle-même dans cette jolie robe.
  • Elle a pomponné elle-même devant son miroir.
  • Il a promis à lui-même de lui déclarer sa flamme.
  • Ils ont marié eux-mêmes.
  • Après quoi, les querelles ont succédé à elles-mêmes.

Vous voyez ? Le verbe avoir est sorti de sa cachette ! Evidemment, dans la phrase « retournée », l’application de la règle est facile : dans tous les cas, le complément (elle-même, lui-même…) est placé après le participé passé. Réflexe épisode 7 : on n’accorde pas.

Mais dans le cas du verbe pronominal, le pronom « se » est sournoisement placé avant le participe passé. Il va donc falloir sortir la panoplie des règles liées au cas de figure « accord s’il est placé avant ». Et ici, comme vous l’avez remarqué en vertu de l’épisode 6, deux cas sont possibles :

Soit « se » a la valeur d’un complément d’objet direct et alors on accorde :

  • Elle s’est pomponnée devant son miroir.
  • Ils se sont mariés.

Soit « se » a la valeur d’un complément d’objet indirect et alors on n’accorde pas :

  • Elle s’est plu.
  • Les querelles se sont succédé.

Logique, non ?

>>>v

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