Vous reprendrez bien un peu de t ?

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Ils sont pénibles, ces petits t qui se glissent dans vos phrases sans qu’on sache quand ni pourquoi il faut leur adjoindre des tirets, des apostrophes et autres fantaisies décoratives. Pas de panique, comme pour le renard du Petit Prince, il faut juste prendre le temps de les apprivoiser… Alors reprenons calmement.

D’abord, retenir qu’ils ont la même malice que des frères jumeaux : ils se ressemblent beaucoup mais ils sont bien deux. Donc, la première chose est d’apprendre à les reconnaître :

> Le premier est une cheville sonore, destinée à ajouter une liaison entre deux mots pour que ça sonne plus joli à l’oreille. Faudra-t-il qu’on vous le répète ? A-t-on idée de compliquer autant les choses ? Où va-t-on avec des règles pareilles ? Essayez donc de prononcer ça sans cette petite béquille, vous comprendrez tout de suite mieux à quoi elle sert. Et comme elle est censée aider à réunir des mots, retenez qu’elle est reliée à eux, logiquement, par un petit tiret. Bien entendu, pas besoin d’ajouter la cheville si le verbe se termine par un t (ou un d), puisque dans ce cas la liaison se fait naturellement : D’où vient-il ? Où prend-on son ticket ?

> Le frère jumeau est un pronom personnel. Il a exactement la même fonction que le pronom toi, sauf que, là aussi pour des questions de sonorité, on a rogné la fin du mot. Et ce qui marque la rognure (pour un mot on appelle ça une élision), c’est une apostrophe. Comme l’apostrophe remplace le -oi de toi, elle se place logiquement après le t : je t’explique, je t’agace, je t’énerve avec mes règles d’orthographe. Bon, mais ça se complique à l’impératif, quand le verbe qui précède le pronom se doit d’être rattaché à lui. Dans ce cas et seulement dans ce cas, on aura un tiret de liaison avant le t et une apostrophe après le t. Tu aimes la soupe ? Reprends-t’en quelques cuillères (ce qui est un peu plus élégant que le reprends-toi-z-en qu’on pratique à l’oral… Mais cette horrible tournure peut vous aider à distinguer les jumeaux coquins : vous n’entendrez jamais dire « Faudra-toi-z-il qu’on vous le répète » ; ce n’est donc pas un pronom mais bien une cheville sonore).

On récapitule :

  • Si c’est une cheville sonore, on met deux tirets.
  • Si c’est un pronom dans une phrase à l’impératif, on met un tiret avant, une apostrophe après.

Ok, c’est complexe. Alors prenez votre temps, respirez à fond… et reprenez un peu de thé.

 

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