Votre accent est-il flexible ?

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Dans la langue française, certains mots sont en deuil. Ils ont perdu une lettre. Pour rendre hommage à cette chère disparue, la lettre qui autrefois la précédait porte un chapeau. Dans la langue savante, on appelle cette coiffe de deuil un accent circonflexeLe disparu est souvent un s (teste, hospital, paraistre, honneste…) mais pas toujours : un e comme dans les adverbes dûment, etc. (cf. chronique du 5 octobre) voire deux lettres comme dans âme qui dérive du latin « anima ».

Il peut aussi marquer une prononciation plus appuyée comme dans théâtre, rôle, âge, comme si on avait été tenté de doubler la voyelle, peut-être pour donner plus d’emphase – théaatre, roole, aage – mais que finalement, on avait fait disparaître la deuxième sous le tapis. L’accent marquerait en quelque sorte la mémoire d’une lettre avortée.

Le mot « circonflexe » veut dire littéralement « fléchi autour », par référence à sa forme coudée, et pratiquement, il est la réunion d’un accent aigu et d’un accent grave. C’est peut-être cette flexibilité qui le rend polyvalent, car on l’utilise aussi pour marquer une distinction de sens entre deux homonymes (dû, mûr, sûr, crû, jeûne, nôtre, tâche… pour les distinguer de du, mur, sur, cru, etc.). On relèvera enfin qu’il est utile pour conjuguer passé simple, imparfait du subjonctif, plus-que-parfait. Mais cela, vous l’apprîtes certainement à l’école…

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